Ecoles de commerce : Les étudiants obligés de créer leur start-up ?

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Une nouvelle mode se répand dans les écoles de commerce. Les élèves sont incités à devenir auto-entrepreneur. Un passage obligé pour ces étudiants ?

Créer sa start-up étudiante pendant ses études d'économie, c'est dans l'air du temps. Selon le magazine Challenges, les écoles de commerce se convertissent massivement à l'entrepreunariat. Dans un marché du travail pas super au top de sa forme (doux euphémisme), les étudiants apprécient l'idée de créer leur propre emploi. Comme ce genre de projet ne s'improvise pas, les écoles se dotent d'incubateurs de start-ups. Tu cherches ton école et l'établissement que tu vises ne possède pas de pépinière ou de programme entrepreunariat ? C'est louche. Même les facs proposent des diplômes "étudiant-entrepreneur". "Il y a vingt ans, un étudiant créait une entreprise quand il n’avait pas d’emploi. À présent, il cherche un emploi quand il n’a pas créé son entreprise" explique Philippe Silberzahn, prof à l’EMLyon.

Les étudiants qui suivent ce type de programme ne deviendront pas tous startupeurs. Devenir chef d'entreprise pendant ses études, c'est possible mais exigeant. Heureusement d'ailleurs, sinon ce type de parcours pourrait se dévaloriser à force de se banaliser. Par contre, le profil de ces "étudiants-entrepreneurs" plaît beaucoup aux recruteurs. C'est simple, ils savent mieux que les autres innover et développer une affaire/un marché/un secteur. Travailler en équipe devient leur seconde nature et ils savent gérer les tensions. Les étudiants-entrepreneurs sont formés avec des programmes d'inspiration américaine. Ils valorisent la participation et la créativité. Fini le modèle du cours magistral à la française, avec le prof qui parle (sur l'estrade ou non) et les élèves qui prennent studieusement des notes ? "Ce mouvement impacte profondément la pédagogie. Les étudiants apprennent, par exemple, à travailler dans des équipes pluridisciplinaires avec des ingénieurs et des designers, et plus globalement dans une logique communautaire d’entraide" concède Sylvain Bureau, responsable de la chaire Entrepreneuriat à l'ESCP Europe. Que penses-tu de ce changement ?

Source : Challenges