Deux étudiantes risquent la prison pour "jupe trop courte" !

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Deux étudiantes marocaines sont poursuivies pour avoir porté des jupes jugées "trop courtes". Les internautes s'indignent. meltyCampus raconte :

Vous connaissiez déjà l'affaire de la robe "trop courte" de cette étudiante algérienne en droit. C'est au tour du Maroc de connaître son "affaire de la jupe". Depuis la révélation d’une nouvelle affaire de mœurs à Inezgan dans le sud du pays, les réactions sur la toile se multiplient. Selon Jeune Afrique, deux étudiantes de 20 ans sont poursuivies pour outrage à la pudeur... parce que leur tenue laissait voir leurs jambes. L'affaire commence le 14 juin dernier. Les deux amies font leurs courses dans le souk d’Inezgane, quand un commerçant les prend à partie au sujet de leur tenue. Le ton monte, et très vite les deux demoiselles sont encerclées par une foule d'hommes en colère. Terrifiées, elles doivent se réfugier chez un autre commerçant jusqu'à l'arrivée de la police. Les forces de l’ordre estiment que leur tenue est de nature "à porter atteinte aux bonnes mœurs". Elles sont emmenées au poste pour la nuit. Le lendemain, le procureur du roi décide de les poursuivre pour tenue indécente. Les jeunes femmes risquent entre un mois et deux ans de prison. La décision scandalise les internautes sur les réseaux sociaux.

Si le Maroc consacre bien une section entière de son code pénal à "l'atteinte bonnes mœurs", il n'existe aucun règlement concernant la longueur des jupes. Le 24 juin, la militante des droits de l'homme Boutaina Elmakoudi publie une vidéo très virulente sur son mur Facebook. Elle y dénonce "cet esprit daéchiste qui rampe vers le Maroc et qui pourrait prendre une grande ampleur qui limiterait la liberté des citoyens" et conclut "Ce n'est pas juste l'histoire de ces deux filles, c'est une menace générale pour les libertés individuelles." Son plaidoyer compte déjà plus de 87 000 vues. Pour Abdelaziz Sellami, président de la section de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Agadir, cette arrestation est "une transgression flagrante des libertés individuelles." Les internautes ne s'indignent pas seulement, ils se mobilisent sur la toile. Une pétition adressée au ministre marocain de la Justice a été mise en ligne le 22 juin pour réclamer l’arrêt pur et simple des poursuites. Elle a recueilli près de 18 000 signatures. "Mettre une robe n'est pas un crime !" proclament les auteurs. Ils déplorent également que le commerçant et la foule d’Inezgane n’aient pas été poursuivis pour agression verbale et harcèlement. Les deux étudiantes passeront en jugement le 6 juillet prochain. Affaire à suivre.

Source : Jeune Afrique