Ces jeunes qui fument : Hocine "la drogue prend le pas sur toi"

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meltyCampus a voulu s’intéresser à un phénomène qui touche tous les étudiants : le célèbre cannabis. On en trouve un peu partout, à chaque coin de rue et à toutes nos soirées. Nous sommes partis à votre rencontre afin que vous nous racontiez votre relation avec cette drogue dite douce.

Aujourd’hui, nous allons vous présenter le dernier profil de fumeur. Après Gouvou qui aime la "sensation de défonce", c'est au tour d’Hocine, 26 ans, étudiant en master 1 en urbanisme. Ce dernier est originaire d’un milieu social modeste avec un père conducteur de taxi et une mère travaillant dans le social. Depuis toujours, Hocine est éduqué selon les préceptes de la religion musulmane. Des sujets comme la drogue et l’alcool sont tabous au sein de sa famille. Malgré l’interdiction formelle de son père de fumer, sa curiosité le pousse à essayer le cannabis en vacances, à Ibiza en 2009, où il est parti avec sa bande de potes et son cousin. Dans ce contexte de fête et de débauche, Hocine décide de tirer sur un joint qui tourne, car il voulait "se taper des barres comme ses amis". Cependant, il ne l’aurait jamais fait si son cousin n’était pas là. Lui aussi a été élevé dans les mêmes valeurs religieuses que notre étudiant. Hocine s’est donc dit :"mon cousin est un bon musulman. S’il fume, c’est que ce n’est pas si grave que ça" pour ne pas trop culpabiliser. De retour de vacances, l’étudiant en urbanisme se convaint : "je n’achèterai jamais de drogue, je consomme s’il y a du matos".

Ces jeunes qui fument : Hocine "la drogue prend le pas sur toi"

Et du matos, il en trouve à toutes ses soirées, il se met donc à fumer pour le côté festif avec ses potes. Cette consommation dure pendant 2-3 ans, et c’est à ce moment-là que sa relation avec le cannabis a changé. Lorsqu’il se rend à une soirée, il ne peut s’imaginer de ne pas avoir du shit pour fumer quelques joints car la drogue "permet de rendre la soirée meilleure". Alors qu’il disait, il y a trois ans "je n’en achèterai jamais", Hocine commence donc à acheter du cannabis pour toutes ses soirées. Dès lors, il se met à consommer tout seul le soir dans sa chambre. Fumer, à ce moment de la journée lui permet "d’avoir plus d’émotions, d’être plus à fond dans un film et surtout de moins réfléchir". A parti de là, Hocine se sent dépendant. Le cannabis n’a plus une fonction festive, mais il a pour but de le mettre dans une bulle et ne plus penser à rien. C’est pour cette raison qu’il n’a jamais voulu consommer la journée, car la fumette l’empêche d'avoir des relations sociales. A cette période-là, l’étudiant fume 4-5 bedos par jour, en soirée. Un fait marquant lui fera augmenter sa consommation, ou plutôt une rencontre !

Ces jeunes qui fument : Hocine "la drogue prend le pas sur toi"

Hocine rencontre quelqu’un dont il tombe éperdument amoureux, pour lui c’est la femme avec qui il va passer le reste de ses jours."J’avais trouvé ce que je cherchais donc je n’avais plus besoin de m’ouvrir aux autres" nous raconte-t-il. De 5 bedos par jour, il passe à 8. Voyant sa consommation augmenter, ses potes et sa copine lui préconisent de réduire, mais il n'en a que faire et continue sur sa lancée. Au bout de 3 ans de relation avec cette fille, cette dernière lui annonce que c'est la fin de leur histoire à cause, notamment du bédo. En effet, son comportement a changé et tout l’argent qu’il gagne en travaillant part dans le cannabis et il ne peut donc plus partir voir sa copine ou aller en voyage avec elle. Aujourd’hui, Hocine a réduit sa consommation à trois bedos par jour. Il tient un discours qui a radicalement changé :"le bédo ça me pourrit la vie. Je m’en suis rendu compte quand j’avais des sauts de mémoire et mes résultats scolaires s’en ressentaient. Je ne faisais que le strict minimum. Quand t’es junk, tu ne t’en rends pas compte. Au final ce n’est pas bien, la drogue prend le pas sur toi. J’ai toujours défendu la bedave, je lui trouvais des excuses, mais maintenant c’est fini. De la drogue même douce reste de la drogue". Actuellement, il réduit sa consommation afin, à terme, d'arrêter complètement le cannabis. C'est le seul des quatre personnes que nous avons rencontrées qui a pris cette décision. A lire aussi : des développeurs trop défoncés pour être recrutés par le FBI.