Ces étudiants en médecine créent un livret anti-lobby pharmaceutique !

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Un collectif d'étudiants en médecine des facultés Paris-V et Paris-VII diffuse un livret pour sensibiliser contre l'influence des laboratoires pharmaceutiques.

Ces étudiants en médecine se sont baptisés "La troupe du R.I.R.E" (Réseau des Initiatives et Réponses Étudiantes). Ils viennent des facultés Paris V et Paris VII, et n'entendent pas laisser le champ libre aux lobbies des laboratoires pharmaceutiques. Nos carabins ont donc distribué un livret de leur création sur leurs campus, pour sensibiliser leurs camarades au problème. Ils ont fait un tabac. "Au départ, nous pensions juste le distribuer à nos copains. Nous avons été un peu dépassés par le succès. Nous avons eu des demandes à Nantes, Marseille, Grenoble... et pas seulement émanant des facultés. Des médecins, par exemple, nous en ont aussi réclamés" a explique au Parisien Étudiant Auriane, interne en médecine générale. Génération crash-test peut-être, mais pas génération de non-informés. 2 500 livrets ont déjà été distribués. 8 000 autres exemplaires sont en cours d'impression pour faire face à la demande. Le collectif a lancé une souscription en ligne sur le site participatif Arizuka, pour financer les réimpressions.

"Ce livret a été conçu pour donner des billes, permettre de faire des choix thérapeutiques rationnels afin d'améliorer les soins médicaux" peut-on lire sur le document de 36 pages (téléchargeable gratuitement ici). Les étudiants n'entendent pas se positionner sur le terrain de la morale. Ils s'inquiètent surtout de l'indépendance du secteur médical, afin d'éviter les drames sanitaires liés aux conflits d'intérêt des professionnels de santé. Le collectif ne veut pas revoir un nouveau scandale type Mediator. Ce médicament anti-diabétique des laboratoires Servier avait été largement prescrit comme coupe-faim, provoquant des centaines de morts. Pas besoin de se déshabiller pour alerter l'opinion, comme ces autres étudiants en médecine. "Il faut dire non à tout cela pour pouvoir garder une indépendance complète. A l'hôpital, des formations sont payées par des labos. Ils n'ont pourtant rien à y faire" s'insurge Auriane. Que penses-tu de cette initiative ?

Source : Le Parisien Etudiant