CAPES : Sommes-nous en pénurie de profs de maths ?

Ecrit par

Chers étudiants, l’heure est grave car il semblerait que les futurs profs de maths seraient de moins en moins nombreux à tenter le concours du CAPES. La difficulté de cette matière aurait-elle démoralisé les étudiants ?

Alors que les résultats du CAPES sont déjà tombés, nous pouvons enfin découvrir combien d’étudiants ont obtenu ce fameux concours qui exige beaucoup de patience, de self contrôle et de confiance en soi. Un peu comme celui de la PACES qui rend fou. Cette année n’a pas dérogé à la règle et les étudiants admis sembleraient de moins en moins nombreux. Toutes les filières seraient touchées mais au sein des mathématiques, ce serait une véritable pénurie de profs. Selon le site Le Monde, sur 1 243 postes à pourvoir, seuls 836 candidats ont été admis tandis que 30% des postes en agrégation restent vacants. Pourtant, tout a été fait par le ministère pour valoriser le diplôme et permettre à plus d’étudiants d’être admis : une formation plus longue (il faut attendre le master pour pouvoir passer le concours) et la mise en place de trois vagues de recrutement chaque année. Avec de tels résultats, meltyCampus ne peut pas accuser le ministère comme les jurys de baisser le niveau du diplôme. Les médias, eux, ne viennent pas rassurer les futurs profs qui constatent toute l’année le "non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux". On constate assez bien que le chômage est en hausse chez les jeunes diplômés donc pour les étudiants, il est hors de question de choisir une filière sans débouchés.

Où vont nos profs ?

Ces chiffres montrent donc que la filière de l’enseignement n’est plus convoitée par les étudiants qui préfèrent une stabilité d’étude et un emploi bien plus rémunéré. Tout le monde n’a pas envie d’être payé en bières ! Dès le lycée, la filière S est plus choisie par son prestige plutôt que par ses matières scientifiques. Une fois à la fac, les étudiants s’éloignent de l’université pour privilégier les écoles et les classes prépa qui offrent une sécurité de l’emploi. Etienne, Ghys, membre de l’académie des sciences a fait ce constat depuis quelques années : "au niveau de qualification égal, les étudiants peuvent prétendre à d’autres secteurs d’activité, mieux rémunérés, comme la finance, l’informatique ou l’ingénierie. C’est moins le cas dans les filières littéraires". Pour donner une petite idée, un prof débutant touche 24 000 euros par an contre 33 000 euros en moyenne (sans les primes) pour un ingénieur. La filière des mathématiques semble n’attirer désormais que des passionnés car même les étudiants qui échouent leur première année de médecine préfèrent opter pour la biologie à la fac.

Source : http://campus.lemonde.fr/campus/article/2014/07/15/l-education-nationale-ne-parvient-pas-a-enrayer-la-penurie-de-profs-de-maths_4457454_4401467.html