Bons plans été 2013 : Que feront les étudiants cet été ?

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Comme chaque année, la vie d’ordinaire cruelle et injuste, nous offre deux mois de répit sponsorisés par le soleil. meltyCampus s’est demandé si les étudiants allaient en profiter pour ne rien faire du tout, comme le reste du temps, ou pas.

Ahh l’été, temps d’hormones, de mojitos surtaxés, et de rencontres improbables dans des gargotes en paille d’une propreté douteuse qui rendraient fier de lui le dernier des restos chinois de la porte d’Ivry. Temps surtout de dilemmes existentielles pour des milliers d’étudiants qui, une fois encore, entre deux sandwichs insipides et triangulaires se confronteront à cette terrible question : faire ou ne pas faire ? Une interrogation d’autant plus épineuse que, pour les quelques intrépides qui y répondront par l’affirmative, elle sera suivie de son terrible corollaire : si faire, que faire ? Car c’est bien là le paradoxe terrible de la condition étudiante. Habitué à ne rien faire en substitution de ce qu’il devrait faire (aller en cours, passer son permis, se couper les cheveux ou repasser ses fringues), l’étudiant se retrouve sans repères, dès lors qu’il n’a officiellement plus rien à faire. Une « licence to chill », une carte blanche à l’oisiveté, un permis de tuer le temps (j’arrête là les métaphores mais j’en avais d’autres, sachez-le) qui le fait ressembler à ce chat, mignon et stupide, qui fixe une tache sur le mur, les pattes tendues, en pensant que c’est une mouche, avant de réaliser que non, et que sa vie est un trou sans fond, un éloge ironique à la vacuité d’une existence vouée au néant et à l’onirisme. Jetons un rapide coup d’œil aux alternatives qui s’offrent à notre ami étudiant en cette période estivale, à part un lent pourrissement devant la TNT (ce qui offrirait une mise en abîme saisissante, la TNT étant elle-même un lent pourrissement).

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1) Travailler : Travailler est une solution intéressante qui permet, grâce à l’invention du chômage, de ne plus travailler par la suite, et ce sur des périodes de long à moyen terme. Effectuer un « job » en plus d'être une première expérience, est aussi une excellente source de motivation (de par l’échantillon de médiocrité intellectuelle et de fatigue physique que cela constitue dans la majorité des cas) à se jeter à corps perdu dans les études. Le tout dans le but final et ultime de trouver un emploi qui vous permet, à défaut de ne pas travailler, d’en faire le moins possible, et surtout, dans un bureau climatisé et équipé d’internet.

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2) Se cultiver : Se cultiver est une alternative au travail qui demande sans doute moins d’efforts sur le court terme, et permet à long terme, d’en fournir tout aussi peu afin de vous frayer un chemin vers ce Graal corrupteur qu’est la réussite sociale. Passer l’été à parcourir les musées, un casque en mousse de mauvaise qualité et couvert de cérumen vissé sur la tête, n’est sans doute pas de tout repos. Mais c’est aussi le moyen idéal de s’introduire dans ces cercles arty et branchés, qui peuplent les galas parisiens comme les fourmis peuplent la cuisine de vos grands-parents en été, et décident de ce qui est in ou non. En fleurissant de bons mots et de remarques désobligeantes envers le tout-venant (contrairement à ce qui se passait en cour de récré, celles sur les mamans et les fringues sont particulièrement acceptables), vous parviendrez sans doute à décrocher un poste de critique littéraire qui vous garantira de passer le reste de votre existence dans un paradis couvert de fiel, dont l’ironie ricanante ouvre les portes. Chouette non ?

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3) Faire du sport : Quelle meilleure saison que celle où l’on sue pour suer un peu plus ? Coup de bol vous avez la chance d’habiter à deux pas de l’une de ces salles en contreplaqué dans lesquelles des mastodontes, nourris à la violence domestique et aux superhéros en collant, portant des t-shirts « produit de banlieue-extrêmement inflammable » partagent l’espace intime de jeunes garçons délicats et huilés se nourrissant eux exclusivement de protéines en poudre, de salades bio achetées douze euros dans le marais, et de semence humaine. Une expérience ethnologique passionnante en perspective, qui vous ramènera bien vite au souvenir ému de ces cours d’E.P.S, que vous passiez les yeux rivés sur le postérieur, mal formé encore, des petites qui grimpaient à la corde comme si leur vie en dépendait, tremblantes à l’idée de subir les brimades aigris d’un vieil alcoolique en jogging fluo.

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4) Draguer : En été, c’est bien connu, les journées s’allongent et la durée des relations amoureuses raccourcit, selon une proportion quasi-inverse. C’est l’occasion d’exhiber vos pecs ou votre opulente poitrine, de tchatcher de grasses américaines pour qui la Tour Eiffel et le pont des arts représentent le sommet du romantisme, ou même de prouver au leader d’un groupe de hockeyeurs canadiens qu’il est bien le leader, en s’offrant à lui comme une gaufre au sirop d’érable dans un restoroute de Toronto. Et pour les plus cupides d’entre vous sachez que les plages de Cuba regorge de vieilles allemandes à la recherche d’un "boy" mignon qu’elles couvriront d’or pour peu qu’il passe outre leurs hideuses sandales et fasse voler les paréos cachant leur peau sèche et rougeâtre.

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5) Devenir célèbre : Si vraiment rien de tout cela ne vous parle et que vous préférez tout de même buller chez vous, profitez-en au moins pour être productif (aujourd’hui il faut être productif), et devenir célèbre. Pour ça, pas besoin de talent particulier. Grâce aux succès des vidéos virales, n’importe quelle bêtise susceptible de faire rire grassement un adolescent sous THC peut vous offrir à peu de frais votre quart d’heure warholien, et montrer à cette pimbêche de Sarah Jouffrin qu’elle a eu tort de vous plaquer en CM2, au prétexte que ses cheveux se prenaient dans votre appareil dentaire. Le plan le plus simple est de filmer votre chat pendant deux mois non-stop en continu jusqu’à ce qu’il fasse quelque chose de drôle, mais vous pouvez aussi avaler deux bols de cannelle cul sec, ou faire un harlem-shake dans l’épicerie d’en bas (en cas de refus rappelez-vous que les épiciers sont vils et facilement corruptibles). A vous de laisser parler votre imagination ramollie par des heures de télé-réalité, et de queues dans des fast-foods sordides. Et toi, que feras-tu de ton été ?