Black Mirror : les cours indispensables que nous donnent les séries

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Black Mirror est une série britannique relativement peu connue qui traite du rôle que pourraient prendre les médias dans nos vies de manière vraiment intelligente. meltyCampus va tenter de vous convaincre de la regarder !

Black Mirror est une série au format un peu spécial puisque chaque saison est composée de trois épisodes d'1h30, qui ne se suivent pas. On peut la voir comme un ensemble de films sur le même thème : les dérives possibles des médias dans le futur. On vous avertit honnêtement qu'il y aura quelques spoilers parce qu'il est difficile de vous expliquer en quoi cette série est géniale sans eux, mais on ne vous dévoilera évidemment pas la fin de chaque épisode, ce qui serait cruel, et on ne parlera que de la saison 1 (il y en a trois, dont la dernière en cours de diffusion). On vous parlait par exemple des étudiants victimes du Revenge Porn : des gens (souvent leurs ex) ont publié des photos d'eux nus sur Internet, là où il n'est quasiment jamais possible d'effacer une info. Black Mirror pousse la réflexion plus loin : où pourraient nous mener les nouvelles technologies si on ne fait pas attention ?

Black Mirror : les cours indispensables que nous donnent les séries

Penchons-nous sur le tout premier épisode de la série, "L'Hymne national". C'est un des plus proches de notre univers actuel puisque la science-fiction, même légère, y est absente. On y parle de terroristes d'un nouveau genre : ils ont kidnappé la princesse Susannah (comme le journal d'une fille au pair en Angleterre le rappelle, le pays est une monarchie). En échange de sa libération, ils exigent que le Premier Ministre, Michael Callow - personnage bien sûr entièrement fictif - ait des relations sexuelles avec un porc et diffuse ensuite la vidéo. C'est répugnant, mais au-delà de ça, dans cet épisode, l'image médiatique d'une personne devient plus importante que la vie d'anonymes en ce qui concerne la vie politique. Aujourd'hui, les terroristes menacent de poser des bombes, mais à l'heure où en France la popularité de François Hollande semble dépendre de ses relations avec les femmes, peut-être un jour ce genre de chantage aura-t-il un plus grand impact sur la vie politique que les attentats...

Black Mirror : les cours indispensables que nous donnent les séries

Le second épisode, "15 millions de mérites", décrit un monde clos où les gens ordinaires passent leurs journées à pédaler sur des vélos pour gagner les crédits qui leur permettent d'acheter à manger et ne pas regarder la télévision. Oui, ne pas la regarder, car elle est omniprésente et la couper coûte de l'argent. Absurde ? Pas si sûr : regardez Internet, impossible de s'en passer (on ne parle même pas des loisirs mais simplement de la vie quotidienne et professionnelle) et il faut faire des efforts pour échapper à la publicité. Vous avec AdBlock ? L'entreprise qui a développé ce programme emploie 30 personnes. Nous signons des pétitions pour dénoncer l'image du "corps parfait" que Victoria's Secret donne, car il est impossible de ne pas voir ces images de modèles photoshoppées jusqu'à l’écœurement. Les gens qui n'ont pas la chance d'avoir un travail qui les intéresse répètent en boucle la même tâche répétitive pour s'offrir un minimum de confort. Cet épisode va encore plus loin, mais on a le spoil léger...!

Black Mirror : les cours indispensables que nous donnent les séries

Enfin, le dernier épisode, "Retour sur image", fait directement référence à l'enregistrement grandissant d'images de nous sur la Toile, tendance illustrée par l'arrivée des Google Glass (s'en offrir une paire, c'est une des choses qu'on ferait si on avait de l'argent, pas vrai) ? Dans l'univers de cet épisode, la quasi-totalité de la population est équipée d'une puce qui permet d'enregistrer tout ce qu'elle voit et entend, comme une sorte de mémoire périphérique. On ne vous dévoile pas l'intrigue car c'est ce point qui est intéressant : on n'est pas si loin de cet enregistrement systématique de chaque détail de notre vie. Entre les réseaux sociaux et les smartphones, on peut de plus en plus facilement se faire espionner, et pire, par des gens qui n'ont pas conscience de le faire (vous passez dans le champ d'un photographe en faisant une tête marrante ? Hop, vous faites le tour d'Internet). A la limite, ce qui nous sauve, c'est la culture du buzz : il y a tellement d'informations qu'un fait divers en chasse un autre...