Bizutage : 3 mois de prison avec sursis requis pour les étudiants de Dauphine

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Suite au procès des quatre jeunes de Paris Dauphine pour le bizutage d’un étudiant, la cour a requis 3 mois de prison avec sursis avec 1000 euros d’amende. meltyCampus revient sur le verdict.

meltyCampus vous avait annoncé que quatre étudiants de Dauphine étaient au tribunal pour des faits de bizutage. Ce procès a permis d’éclaircir des zones d’ombre, afin de comprendre en détail les faits. On a appris notamment que le plaignant était très motivé pour intégrer cette association qui lui permettait d’une part d’avoir un carnet d’adresse, mais aussi de participer aux plus grands événements de Paris Dauphine. Sa dévotion était totale. La présidente a essayé de comprendre pourquoi il s’était laissé faire et la seule réponse qu’elle a pu avoir c’est : "j’ai été pris de court. Je me suis laissé emporter. Je ne contrôlais plus rien. Je m’en veux beaucoup. Je leur en veux beaucoup. A la fin, le but n’était plus d’être Japadien. C’était que ça s’arrête et que je puisse rentrer chez moi". Selon les prévenus, la victime n’a à aucun moment "réagi, ni même protesté", tout en précisant "qu’il n’a jamais dit qu’il avait mal. Tout se passait dans la bonne humeur", mais ces propos ont été démentis par le jeune homme, alors âgé de 18 ans lors des faits. L’auteur des scarifications a expliqué son geste à la présidente en disant "ça a toujours été comme ça dans l’association. A aucun moment, on a pensé être des délinquants. Personne ne remet en cause ces rituels certes débiles et comme il n’y avait pas d’ordres pour les arrêter, on a continué".

Bizutage : 3 mois de prison avec sursis requis pour les étudiants de Dauphine

La présidente a souhaité avoir plus d’informations sur la motivation des prévenus, mais il semblerait que le temps ait effacé leurs souvenirs au point que cette dernière ait perdu patience à plusieurs reprises, selon Le Monde. Au final, la procureure a requis trois mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende alors que l’avocat de la victime souhaitait 20 000 euros de dommages et intérêts pour son client. Trois des quatre avocats de la défense ont demandé la relaxe, plaidant que le délit de bizutage ne pouvait pas être retenu étant donné que le texte voté en 1998 sur le bizutage, concernait le milieu scolaire et socio-éducatif et non pas les associations. Seul l’avocat de l’auteur des scarifications a demandé "une sanction juste et proportionnée" pour son client. En tout cas, les accusés se sont tous tournés vers la victime en lui adressant leurs regrets. "Je regrette sincèrement ce qui s’est passé", a dit l’un, "pardon, je te demande d’accepter mes excuses" a dit l’autre, tandis que le troisième lui a adressé "il ne faut pas que tu penses que c’est ta faute. On aurait dû stopper tout ça". Le délibéré a été fixé au 7 Juillet. Ces pratiques sont très répandues étant donné que même Mélanie Laurent a connu le bizutage.