Berlinale 2014 : Le prix Dialogue en perspective, un voyage franco-allemand au coeur du cinéma (Exclu)

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Etre jury lors d'un des plus grands festivals de cinéma au monde ? C'est ce que propose l'OFAJ, l'Office franco-allemand pour la jeunesse, à la 64ème cérémonie de la Berlinale, en parallèle de la compétition officielle. meltyCampus a suivi ces sept étudiants sélectionnés durant cette aventure cinématographique.

Le prix Dialogues en perspective de l'OFAJ

Ils sont sept étudiants à avoir été choisis pour faire partie de l'aventure de la 64 ème cérémonie de la Berlinale, un des trois plus grands festivals européens de cinéma, avec Cannes et et Venise. Leur mission, remettre le prix Dialogue en perspective de l'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse), en choisissant parmi une sélection de films en parallèle de la compétition officielle. Ils ont été retenus parmi plus de 150 candidats, avec pour épreuve la rédaction d'une critique du film Hannah Arendt de Margarethe Von Trotta (2013) ainsi que d'un commentaire sur la place du cinéma allemand dans le cinéma international. Leur présence n'a rien d'un hasard : leur fine analyse et leurs choix prononcés ont ainsi joué un rôle essentiel dans leur sélection. Sept sur plus de 150 candidatures, la compétition est dure. Mais le jeu en vaut la chandelle, la Berlinale est une aventure que ces 7 jeunes étudiants ne sont pas prêts d'oublier. Cette année, trois allemands, trois français et un israélien (chaque année, un étudiant de pays tiers est choisi pour accompagner cette aventure franco-allemande) ont un programme bien chargé afin de remettre le prix "Perspektive Deutsches Kino", qui récompense le premier film d'un réalisateur allemand. A la clé, 5000 euros de dotation pour le gagnant. meltyCampus a donc suivi Lucie, Mathilde, Clément, Manon, Rebecca, Tom et Itamar tout au long de cette aventure cinématographique.

Une sélection peu évidente

De son côté, Manon Cavagna ne sait toujours pas pourquoi elle a été choisie et admire ses collègues pour leurs connaissances cinématographiques : "ils sont tous brillants" nous dit-elle. Pourtant, la benjamine de l'équipe, n'a rien à leur envier. Franco-allemande, elle parle un français parfait et a déjà de fortes prises de positions en matière de cinéma. Si elle adore les classiques qu'elle regarde avec ses parents depuis l'enfance, elle a développé un goût pour les films plus épurés et silencieux. Etudiante en économie-gestion à Francfort, elle ne sait pas trop ce qu'elle veut en faire plus tard. Peu importe, à 20 ans, elle a bien le temps de voir venir. En attendant, elle est ravie de faire partie de l'aventure Berlinale pour ces dix jours. Plus de 25 films visionnés pendant la durée du festival, c'est intensif, mais en même temps, c'est la règle du jeu : "Au bout de quelques films par jour, on s'attend parfois à voir surgir un personnage du film précédent". Mais la passion qu'elle a pour le septième art est bien plus forte. Même chose pour Mathilde, 23 ans, étudiante à Lyon en communication, qui n'arrive toujours pas à y croire, de la même manière qu'elle ne pensait pas parler allemand avant de partir à Cologne pour ses études. Elle a entendu parler de la sélection du jury pour le prix OFAJ Dialogue en perspective seulement quelques jours avant la fin des sélections. Elle s'est alors "dépêchée pour rendre la critique d'Hannah Arendt. Je l'ai finie à minuit peu avant l'échéance". Mais son analyse et son énergie communicatives ont plu. Curieuse d'esprit, la jeune bretonne semble intéressée par bien des genres cinématographiques et quand on lui demande un mot pour définir le cinéma, elle répond du tac au tac, "passion". C'est évident, le jury prend sa tâche de sélection très au sérieux.

Credit : @Daniel Seiffert Un programme enrichissant

C'est sous la présidence de Denis Dercourt, réalisateur de La tourneuse de pages, que leur quête du film qui mérite le prix Dialogue en perspective se fait. En parallèle des nombreuses projections, le jury franco-allemand-israélien est présent lors de débats et tables rondes autour du cinéma allemand. Un programme riche les faisant véritablement plonger au coeur de la Berlinale et leur permettant de beaucoup apprendre sur son fonctionnement. Ils n'ont pas le temps de s'ennuyer ! Mais pas question d'oublier leur tâche, créé pour faciliter l'accès au cinéma allemand. Mais cette année, surprise, leur choix est on ne peut plus clair et c'est Anderswo, d'Ester Amrami, qui remporte le prix. "Je n'avais jamais vu ça" leur dit d'ailleurs Denis Dercourt. Pour les sept étudiants, ce film portant sur les nuances de la langue et des possibles difficultés de se faire comprendre en vivant à l'étranger. Une expérience qu'ils ont presque tous vécu, les faisant se retrouver dans de nombreuses situations.