Bac 2015 : Si je triche, je risque quoi ?

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Tricher quand tu n'as pas assez révisé, cela ressemble au dernier recours pour sauver ton semestre... ou pas. Au bac ou à la fac, la triche est passible de poursuites pénales. meltyCampus fait le point :

Même si les étudiants sont 80% à admettre tricher pendant leurs examens, tous sont d'accord pour dire qu'ils n'en sont pas fiers. Tricher signifie utiliser des moyens extérieurs déloyaux pour réussir. Les élèves ont recours à tout un panel d'antisèches. Nous citerons en exemple la classique dans la trousse, la discrète sur la gomme, l'ingénieuse à l'arrière de l'étiquette de la bouteille d'eau, l'acrobatique dans la chaussure, l'esthétique dans la coiffure. Les plus geeks d'entre les tricheurs utiliseront des moyens plus modernes, comme des oreillettes connectées ou tout simplement un téléphone portable. Des petits joueurs à côté de la catégorie "étudiants vraiment gonflés" qui tentent l'usurpation d'identité comme cet étudiant suisse. Au choix, ils envoient quelqu'un d'autre passer l'examen à leur place ou trafiquent leurs bulletins/diplômes. Comme le rappelle DigiSchool, la triche n'est pas qu'une question d'honnêteté. En termes juridiques, la fraude aux examens et aux concours publics est un délit puni par le code pénal. Les tricheurs et leurs complices risquent les mêmes sanctions judiciaires. Celui qui se fait prendre sur le fait par un surveillant risque un procès-verbal. Attention ! S'il le signe, il reconnait la fraude. Le procès verbal sera transmis à son UFR à l'issue de l'épreuve. Les ennuis commencent ici.

Une garde à vue pour tricherie, c'est possible :

Le procès verbal n'empêche pas de se présenter aux autres épreuves. La procédure est régie par le décret de 1992, modifié par le décret du 28 janvier 2015. En règle générale, les universités règlent l'affaire devant un jury de discipline. Sauf lorsque le professeur décide de signaler l'affaire à la police, comme pour ces deux étudiants en droit au Havre. Le directeur du département de droit, Pierre Fleury-Le Gros, a constaté que leurs copies se ressemblaient un peu trop. Il a donc décidé de porter plainte. Cet enseignant est maître de conférence en droit privé, sciences criminelles et... droit de la propriété intellectuelle. Ça ne s'invente pas. Les deux étudiants se sont retrouvés en garde-à-vue avant de comprendre ce qui leur arrivait. Cette méthode musclée inhabituelle fait débat à la fac du Havre, mais traduit un durcissement de la répression ces dernières années à l'égard des fraudeurs. Si la fraude est avérée, nos deux étudiants risquent trois ans de prison et 9 000 euros d'amende. En termes de jurisprudence, cet autre étudiant en droit à Bordeaux a bien écopé de 3 mois de prison. Il avait triché à ses partiels avec une oreillette. D'un point de vue administratif, la triche avérée se traduit par un blâme et un zéro à l'épreuve. Les fautifs risquent au pire une expulsion de l'établissement et une interdiction de s'inscrire à tout examen public pour une durée maximale de cinq ans. Très ennuyeux quand on n'a pas encore passé son permis de conduire.

Source : DigiSchool