Apparts étudiants : Le calvaire de la recherche à Paris

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La rentrée approche et trouver un appart devient urgent. A Paris et en Île-de-France, la tâche devient une véritable mission avec des prix indécents et des processus de location presque impossibles. meltyCampus a recueilli des témoignages d'étudiants qui vivent ce calvaire.

La recherche d'un appart à Paris est un véritable calvaire et tous ceux qui l'ont déjà fait une fois espèrent ne plus jamais être confrontés à cette galère. Bien sûr, beaucoup d'autres villes de France connaissent des problèmes similaires, mais les témoignages sont particulièrement édifiants dans la capitale ou l'Île de France. Parce qu'un bon appart, il y a toujours du monde dessus, particulièrement quand on a un budget serré. "On a beau être préparés à la cherté des loyers, ça fait toujours un choc de voir des 600-700 euros pour de telles cages à lapins. Il y a des propriétaires qui abusent vraiment" raconte Gabriel. Les loyers frôlent en effet le ridicule. A Paris, pour un studio intra-muros, la moyenne est de 740 euros sur la période 2012-2013 (annonces de particuliers ou d'agences) selon une enquête du site location-étudiant, soit une augmentation de 10% en l'espace d'un an. Mais le pire est que l'on s'habitue vite. "En fait, on commence les recherches avec certaines exigeantes (un deux pièces pour un couple par exemple) et on finit quelques mois plus tard dans un studio avec un frigo trop près de la salle de bain parce qu'on n'en peut plus de chercher". Même chose pour les colocs qui cherchent un trois pièces... Les places sont chères, très chères. Selon le même site (qui ne précise pas la superficie), il faut compter en moyenne 1203 euros pour un deux pièces à Paris, 938 euros en Île-de-France. Mais la colocation reste une solution qu'adoptent de nombreux étudiants.

La recherche devient un véritable challenge, surtout quand on ne passe pas par agence, pour éviter les frais. "C'est la galère, raconte Mathieu. Ca fait deux mois que je cherche, et c'est toujours la même rengaine, j'envoie des tas de mails, la plupart du temps, on ne me répond même pas. On devient complètement obsédé par cette recherche, et on se retrouve plus de vingt fois par jour sur les sites PAP (Particulier à Particulier) ou se loger.com. Les belles annonces partent vite, très vite et il faut être réactif". "A Paris, les proprios sont les rois du pétrole !" Résultats, ces derniers font pression et demandent à peu près ce qu'ils veulent, sur le modèle des agences immobilières : le contrat de travail, les derniers bulletins de salaire, l'attestation d'hébergement, l'attestation de l'employeur, le derniers avis d'imposition, l'attestation du garant, la photocopie de la carte identité, la liste est longue... Avant même d'être sûr d'être choisi.. "Ils savent que de toute façon, ils trouveront preneurs". Les proprios ont tellement de propositions qu'ils sont très directs au téléphone et demandent facilement : "Combien vous gagnez" ? ou "Combien gagnent vos parents" passé le bonjour. "La personne n'hésitera pas à vous dire si elle estime que vous ne gagnez pas assez" nous dit Clémence, qui a un job étudiant. Alors quand on n'en n'a pas... Autant avoir de bons garants pour convaincre le propriétaire avec leurs bulletins de salaire...

Malgré votre bonne volonté, il se peut donc que le bien vous passe sous le nez : "J'étais dans les derniers sélectionnés et pourtant mon dossier n'a pas été retenu. Sans doute que l'autre personne avait un salaire ou de meilleurs garants" nous dit Sarah. Et non, les gens qui poireautent à plusieurs devant l'appart ne sont pas une légende. Les nombreuses arnaques logement sur les sites comme le bon coin ou vivastreet, non plus ! La technique la plus utilisée ? Celle du propriétaire en déplacement à l'étranger qui vous demande de déposer une somme par mandat postal pour lui garantir que vous êtes sérieux, vu qu'il "s'est déjà fait planter". Si toutes les annonces ne sont pas des arnaques, certaines sont néanmoins très mensongères. Au lieu d'un appart "plein de charme, 2 pièces avec salle de bain", il faut parfois lire, "appart studio assez vieux (la deuxième pièce, c'est la cuisine), au 6ème étage sans ascenseur". "On devient paranoïaque. Souvent quand je vois 600 euros pour un studio à Paris, je me dis qu'il doit y avoir un problème. Et effectivement c'est souvent le cas, avec du matériel assez obsolète ou des toilettes sur le pallier" nous raconte Camille. Et puis parfois, parmi toutes ces galères, une offre correcte se glisse et on finit par devenir locataire après une sacrée recherche, presque heureux de payer un loyer sans doute un peu trop cher, parce qu'on est enfin chez soi. Au bout du tunnel, la lumière en quelque sorte.

Apparts étudiants : Le calvaire de la recherche à Paris - photo
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