Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

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Ils étaient plusieurs dizaines, amis de Clément ou simples étudiants, à se réunir ce midi devant l’établissement en hommage au jeune homme, mort cette nuit des suites de son agression par un groupe de skinheads. meltyCampus y était pour vous.

Alors qu’une nuée de journalistes s’agglutinent autour du maire de Paris Bertrand Delanöé, les visages sont graves et l’émotion palpable. Ces visages ce sont ceux des étudiants de Sciences-Po venus rendre un premier hommage à leur camarade Clément Méric, décédé cette nuit après avoir été tabassé par trois skinheads. Quelques-uns le connaissaient personnellement, beaucoup sont venus au nom de la « grande famille » qu’est pour eux Sciences-Po. Certains sont en larmes, d’autres semblent encore ne pas croire au drame, et à cette violence inouïe qui s’est abattue sur l’un d’entre eux. meltyCampus leur a tendu le micro et est parti recueillir à chaud leurs impressions.

Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

Reine, 18 ans et Mathilda, 18 ans, première année :

"Nous étions en première année dans la classe de Clément, on a appris ce qu’il s’était passé par Facebook. C’était un garçon adorable, sûr de ses convictions et respectable. Il était très attachant, et si l’on avait encore cours ça ferait un énorme vide. On débattait souvent en classe et il affirmait toujours ses opinions avec calme, sans imposer quoi que ce soit". Reine, le regard dans le vide, contient sa colère : "Ce qui m’attriste c’est qu’on le réduit à ses engagements alors que c’était une personne géniale, celui avec qui on allait boire un coup au café du coin".Pour Mathilda, "il ne faut pas dissoudre les groupuscules d’extrême droite «ils canalisent la violence, autant que l’état puisse les encadrer ".

Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

Omar, 26 ans, affaire publiques, 4eme année :

"Je trouve que c’est triste qu’on puisse mourir pour ses idées aujourd’hui en France, c’est consternant. Traditionnellement, il y a une sensibilité politique forte à Sciences-Po, mais pas d’agitation. A travers ce drame c’est la liberté d’opinion et d’expression qui sont menacées. Je suis pour l’interdiction de ces groupes. Dès lors qu’ils utilisent la violence, ils n’ont pas leur place dans le paysage politique"

Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

Delphine, 19 ans, 3eme année filière générale :

"J’ai appris la nouvelle par une amie dans la nuit. Je suis allée sur Facebook, et j’ai lu les articles. J’avais souvent croisé Clément dans l’école. Il était connu dans Sciences-Po par son engagement mais aussi ailleurs, il s’était rendu à Lyon, à Lille dans beaucoup d’endroits. Je n’ai pas de haine, mais cela m’inspire de la crainte sur les dérives de nos démocraties, et de la liberté d’expression. La "manif pour tous" a permis à l’extrême droite de mesurer ses forces et c’est dans ce contexte là qu’ils ont pu sévir à nouveau. Je suis pour une interdiction de toute violence politique"

Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

Agathe, Syam et Tiffany, 18 ans, en première année :

"On est d’autant plus touchées qu’il s’agit d’un élève de l’établissement. Sciences-Po c’est vraiment une famille. En dehors de nos convictions politiques on est émues, et c’est pour ça qu’on est là. Ici on débat tout le temps, mais c’est surtout la tolérance qui nous anime. Tout ça nous parait inimaginable. D’autant plus que des amis de sa classe nous disaient que c’était un garçon très discret. Il ne faut pas instrumentaliser ce drame"

Agression de Clément Méric : Sciences-Po en deuil (Exclu)

Céleste, 20 ans, étudiante à La Sorbonne, en 3ème année d’Histoire :

"J’ai appris la nouvelle par des amis de Sciences-Po. Je suis très choquée, on a chanté le chant des partisans tout à l’heure, et le fascisme n’est pas mort. Voilà ce à quoi conduisent les discours des Marine Le Pen et autres. On se sent tous menacés, nous qui sommes du camp progressiste. Je n’ai pas peur pour ma vie mais je suis sous le choc. Ces groupes d’extrême-droite n’ont pas leurs places dans les facs. Il suffit de voir les propos du GUD".

Alors que nous écrivons ces lignes plusieurs personnes, «dont l'auteur probable» du coup porté mercredi au militant d'extrême gauche, Clément Méric, qui est depuis dans un état désespéré, ont été interpellées comme l'a annoncé à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. meltyCampus vous tiendra bien sûr informés des développements.