Sciences-Po : Des étudiants bordelais prônent le sexisme et risquent l'exclusion

Depuis mi-décembre, une polémique agite l'école de Sciences-Po Bordeaux. Des étudiants, sur le ton de l'humour, prône le "masculisme" à grands coups de blagues sexistes et racistes.

Alors qu'à Sciences-Po Paris, on cherche toujours un nouveau directeur et qu'Hervé Crès s'est représenté, c'est une toute autre affaire qui agite Sciences-Po Bordeaux. L'IEP bordelais connaît, depuis décembre 2012, l'émergence d'un mouvement au goût douteux : le masculisme. Ce mouvement se veut une réponse humoristique à la création de l'association A-Bord qui entame une réflexion sur le genre, le harcèlement, au sein de l'école. À grands coups de blagues sexistes et racistes, les étudiants derrière ce mouvement ont créé deux pages Facebook : Osez le masculin à Sciences Po Bordeaux, interdite par l'école, puis Osez le masculisme, interdite à son tour. Sur cette page Facebook, on pouvait notamment lire des propositions de débats "Pour ou contre le viol collectif ? " ou des pancartes "Les féministes sont des lesbiennes".

"Nous avons affiché le texte de la loi Taubira -Vallaud Belkacem sur le harcèlement sexuel au même titre que les consignes de sécurité, signale la direction. Nous avons fait interdire la première page Facebook et la seconde aussi. Une enquête interne est en cours afin de connaître les créateurs de ces pages. Une parodie aussi lamentable que stupide. Nous porterons plainte contre les auteurs pour infraction à la loi Taubira-Vallaud-Belkacem et utilisation frauduleuse de la marque Sciences Po Bordeaux déposée à l'Inpi. Nous avons convoqué huit étudiants garçons qui ont répondu au site interdit afin de les interroger" a déclaré la direction de Sciences Po Bordeaux. En attendant, un collectif contre le sexisme s'est monté pour réclamer l'exclusion des créateurs de ce mouvement. Une affaire qui risque de provoquer une polémique semblable à celle créée par la visite de Marine Le Pen à Sciences Po Aix !