Kendrick Lamar le Kid de Los Angeles, le coup de coeur de Louis !

Chaque semaine, Louis, étudiant en journalisme, nous fait part de son regard sur l'actualité culturelle. Cette semaine, notre étudiant nous parle de Kendrick Lamar, LE rappeur qui monte.

C'est en fréquentant, il y a de cela un mois, un site internet consacré aux musiques urbaines que je suis tombé pour la première fois sur le nom de Kendrick Lamar. Ce jeune rappeur de 25 ans originaire de Compton y était présenté comme LE rappeur américain à suivre. Pas seulement parce qu'une multitude de grands noms de la scène urbaine Outre-Atlantique, de Lady Gaga en passant par l'emblématique Nas, ne tarissaient pas d'éloges sur sa personne, mais principalement parce qu'avec son premier album en major, "Good Kid, M.A.A.d City", il accouchait là, d'un disque considéré comme classique. Suffisant pour titiller ma curiosité et jeter une oreille sur la musique de celui que l'on surnomme "K.Dot".

Storyteller

A une époque ou la plupart des rappeurs américains ont pour fonds de commerce les armes à feu,alors qu'une fusillade dans une université au Texas à fait deux blessés et un mort, les belles voitures et les filles aux mœurs légères, le premier long format du rappeur fait figure d'OVNI. "Good Kid, M.A.A.d City" est un album autobiographique, l'histoire de Kendrick Lamar, un garçon sympathique (Good Kid) qui à grandit à Compton, l'un des quartiers les plus difficile de Los Angeles (M.A.A.d City). Cambriolages, trafic de drogue, meurtres, sont le quotidien de cette banlieue situé au Sud de la Cité des Anges. Environnement qu'il dépeint à travers 12 titres (15 sur la version Deluxe) de fort belle manière. Un album aux airs de documentaire, comme filmé au ras de l'asphalte, relaté à la première personne. Une narration qui sied à merveille à des textes très réussis, centré sur l'adolescence du rappeur dans Compton et les vicissitudes de la vie dans un tel lieu. Les thèmes abordés sont la mort, la drogue, les gangs, la religion, l'alcoolisme, entre autres. Mais bien que traitant de sujets plutôt durs, les lyrics recèlent toujours une note d'espoir. Il faut vraiment goûter à la teneur des textes de Kendrick pour apprécier l'album. Aussi est-il préférable de se pencher sur la traduction des paroles pour saisir la subtilité des chansons et de la narration. Car chaque titre renvoie à un autre. Des échos du track précédent peuvent encore résonner quatre pistes plus loin. Dans la première chanson intitulé "Sherane a.k.a Splinter's Daughter", Lamar raconte sa rencontre et son attraction pour une dénommé Sherane. Cette piste constitue le fil rouge de l'album puisque les conséquences de cette relation seront évoquées dans "Poetic Justice", un titre en featuring avec le chanteur Drake. Et c'est ce qui fait la richesse de cet album-concept, plébiscité à sa sortie.

Liberté totale

Avant ce projet, Lamar à sortie en indépendant "Section 80", un album uniquement disponible en digital. Mais en 2012, il signe en major au sein de la maison de disque Interscope. Ce n'est pas tout. Dr Dre, lui aussi originaire de Compton et fournisseur officiel de casques audios (les fameux "Beats by Dre"), le prend sous son aile. On aurait pu croire que le docteur, comme pour ses précédents poulains 50 Cent et Eminem pour ne citer qu'eux, produise et contrôle l'album du jeune Kendrick. Mais non. Il se contente d'apporter son expertise acoustiques, ses conseils et sa présence en tant que featuring, sans oublier la puissance de son label Aftermath Record. De l'hymne californien "The Recipe" avec Dre en featuring, au sombre "Good Kid" dont l'ambiance évoque les films de la Blaxploitation, jusqu'au smoothie "Bitch Don't Kill My Vibe", les musiques sont tantôt douces, parfois nimbées de mélancolie comme sur l'excellent "Sing About me, I'm Dying Of Thirst". Musicalement c'est une belle performance. La voix douce de Kendrick se marie à merveille aux productions de pointures tel que Just Blaze ou encore Hit Boys. Les chansons durent parfois plus de 4 minutes (chose rare) et les rimes s'enchaînent sans coups férir. Lamar fait varier son flow, impose son débit naturel sur des beats hypnotiques, entraînants, ou encore aériens comme "Swimming Pool". Alors est-ce vraiment un classique ? Seul le temps nous permettra de le savoir. Une chose est certaine, Lamar n'est pas un personnage inventé comme peut l'être Rick Ross, qui dans ses textes se fantasme une vie de trafiquant, ni un gangster comme 2Pac. Avec cet album il se présente tel qu'il est : un jeune homme trop doux, trop naïf, pas assez dur pour vivre dans une "Mad City" comme Compton. Adoubé nouveau "King" de la Côte Ouest par Dr Dre et Game en personne, il semble promis à une belle carrière. Alors qu'aux Etats-Unis un étudiant agace la NASA, j'ai à titre personnel, beaucoup apprécié cet album que je recommande aux amateurs de musique et aux lecteurs de meltyCampus.