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Les Arts de l’Islam, quel simplisme : C'est l'avis de Louis

Ouvert depuis quelques temps, le département des Arts de l’Islam au Louvre, s’il ravira ceux qui n’y connaissent rien, c’est à dire la majorité des franchouillards, décevra tous ceux réellement intéressés.

Ah mes chers français ! Non, tous les musulmans ne sont pas des arabes et non, l’art et la culture ne sont pas l’apanage de l’occident. Si vous en doutez, rendez vous au Louvre, que les étudiants de la Sorbonne font visiter, où l’aile Denon accueille désormais un département des Arts de l’Islam, gratuit pour les moins de 26 ans, qui ne dépensent jamais d'argent en activités culturelles, comme meltyCampus vous le disait. Car oui, c’est enfin fait ! Il ne manquait plus qu’eux au Louvre, et ils y ont enfin trouvé leur place. Mais si le département se veut un éclairage sur une culture particulièrement riche artistiquement, et peu connue dans nos contrées occidentales marquées par une certaine tendance à se croire culturellement supérieures aux autres, il n’est pas exempt de défauts. En effet, son approche historique ne permet pas à mon avis de rendre compte de la complexité de ces arts.. L’exposition commence ainsi par les œuvres conçues sous les premiers califats, des huitième au onzième siècle de notre ère, durant laquelle les musulmans vécurent leur âge d’or, à la fois expansionniste et tolérant, la plupart du temps.

Ces premiers califes ont été parfaitement fidèles à la tradition de l’époque en ces contrées : ils remplacent les rois ou empereurs des pays conquis mais laissent le peuple y conserver ses traditions culturelles. Dès lors, même si l’on comprend bien que le département "arts de l’Islam" est centré sur les arts à partir de la naissance de cette religion, il est dommage de ne pas mettre en valeur, en introduction peut-être, les éventuelles continuités ou ruptures entre l’art islamique et les arts chrétiens, juifs ou païens le précédant dans la région. Au delà de ce premier "oubli" historique qui est tout à fait excusable, il est en revanche incompréhensible de ne pas montrer les différences géographiques, ethniques et même religieuses de tous ces arts ! Comment mettre côte à côte des œuvres provenant d’Espagne et d’autres d’Iran, en indiquant juste par trois mots leur provenance, sans expliciter leur différence. C’est à se demander si ce musée ne serait pas tombé dans le vice, commun à de nombreux musées, de servir la soupe à des hordes de touristes au mépris de son devoir historique… On en doute qu’à peine !

De même, si les animations projetées sur les beaux murs noirs sont extrêmement bien réalisées et mettent bien en évidence les successions d’invasions dans la région, peut-être faudrait-il mettre en exergue l’influence qu’elles ont eu sur les peuples conquis. N’ayant jamais passé l’Egypte Mamelouk, les mongols ont-ils sinisé les arts de cette région malgré tout ? On se le demande, mais le musée n’y répond pas. Bien d’autres questions restent ainsi sans réponse. Quelles sont les différences entre les arts chiites et sunnites ? Entre l’art moghol, sous représenté d’ailleurs dans le département, et l’art iranien ? Etc. Dernier blâme que je me permettrais de porter à l’encontre de cette exposition, celui d’avoir traduit ses textes en anglais et en espagnol, mais pas en arabe. Quelle imbécile a considéré que cela était dispensable d’une quelconque façon ? Après tout, ce doit être le même qui a considéré que la poésie musulmane n’y avait pas sa place non plus… Républicainement Votre, Louis J. Abela

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