Bizutage : "J'ai adoré bizuter des premières années !"

Le film interactif WEI or DIE décrivait l'horreur d'une intégration en école de commerce qui tourne au meurtre. Étudiant à HEC, Arnaud témoigne de son expérience des WEI.

les bizuteurs sont souvent d'anciens bizutés qui en ont bavé. L'histoire d'Arnaud suit à peu près ce schéma. Le jeune homme à participer à deux weekends d'intégration à HEC. La première fois, en tant que petit nouveau objet du bizutage. La seconde fois en tant que bizuteur plus âgé. Il témoigne dans l'Obs de son expérience particulière des WEI. "Du premier, je garde des souvenirs mémorables, une cuite phénoménale au compteur et des amitiés à la vie à la mort. Du deuxième, je retiens un sentiment enivrant de pouvoir. C’est en criant "bois et ferme ta gueule" à un première année la bouche collée sur l’embout en plastique du cubi de vin rouge que je tenais entre mes jambes que j’ai compris le plaisir d’être tyran d’un jour" se souvient Arnaud. Dans le film interactif WEI or DIE qui raconte une intégration qui dérape en meurtre, Arnaud reconnaît une part de vérité... au moins en ce qui concerne le sexe, la violence et l'alcool. "Je me suis retrouvé dans un car direction les Landes, à raconter ma première expérience sexuelle à de parfaits inconnus à l’occasion d’un action ou vérité itinérant rythmé par les injonctions à boire des deuxième année. J’avais 19 ans et je venais d’intégrer cette prestigieuse école de commerce après deux ans de travail acharné en prépa" raconte le jeune homme.

Ils sont 400 participants dans ce premier WEI. Arnaud n'a pas oublié l'organisation quasi-militaire dont le BDE a dû faire preuve. "Qui dit HEC dit grands moyens. Pas question de parcourir la France en bus, le BDE avait carrément privatisé un train SNCF pour nous. A 21 heures j’ai donc embarqué dans le "train-disco", attraction aussi réputée qu’attendue par tous les premières année" dit-il. Le BDE ne veut pas se retrouver avec un cadavre sur les bras. Il s'offre donc le luxe de se faire accompagner par une équipe de la Croix Rouge dans le train. Une nécessité selon Arnaud, car certains de ses camarades s'offriront le luxe de deux comas éthyliques en un seul WEI. Pendant la journée, les étudiants boivent peu, pour tenir la distance. C'est le soir que les excès se font sentir. "Comme dans les films, la soirée [du samedi, NDLR] a connu son lot de coucheries et de vomi. Moi-même, je n’ai pas dormi seul cette nuit. Étant homosexuel, je me suis quand même un peu gardé d’ébruiter la chose" explique Arnaud. Inutile de donner un angle d'attaque aux bizuteurs. "Je me suis préservé" reconnaît Arnaud. L'étudiant n'a pas eu connaissance de brimades qui auraient mal tourné, comme à Annecy. Par la suite, il entre dans une association chargée - entre autres - de filmer les WEI. Arnaud revient donc en bizuteur l'année suivante. "C’est le jeu. Tant que les règles sont respectées et que l’ambiance est bon enfant, c’est d’ailleurs un jeu plutôt amusant" assure-t-il. Que pensez-vous de ce témoignage ?

Source : L'Obs